Et si je te racontais pourquoi j’ai mis autant d’années à comprendre la différence entre chercher le bonheur et se construire une vie?
J’ai vécu dans une famille dysfonctionnelle, avec un père alcoolique et une mère enragée envers la vie et envers son mari. C’était difficile de les voir souffrir. À 17 ans, en partant de la maison pour mes études, je me suis dit que j’allais tout faire pour ne pas répéter ce qu’ils avaient vécu, et que j’allais trouver le bonheur.
À partir de là, j’ai cherché le bonheur partout. J’ai lu tous les livres de croissance personnelle, de spiritualité, de santé, etc. J’ai fait plusieurs formations : CRAM, Éducation spécialisée, Psycom. J’ai eu des projets avec mon conjoint et démarré plusieurs entreprises. J’ai amélioré ma vie au fur et à mesure, du mieux que j’ai pu.
Il y a quelques années, en étudiant chez Psycom, particulièrement Precog j’ai réalisé qu’il y a une différence entre bonheur et sens. La quête du bonheur est sans fin et insatisfaisante. À chaque fois que l’on croit l’avoir atteint, il nous glisse entre les doigts, et c’est reparti pour une autre quête. Le bonheur est une motivation extrinsèque, éphémère. La recherche de sens, elle, est une motivation intrinsèque : avancer vers des buts qui ont du sens pour soi, c’est du solide. À chaque fois que j’atteins un but qui fait du sens, je célèbre ma réussite, et ça me rend plus forte, j’ai plus d’énergie. Célébrer l’atteinte de mon but, c’est aller extraire cette énergie et m’en nourrir. C’est notre source de motivation la plus sûre et la plus durable, comme le bois qui alimente le feu, ou la rivière qui alimente le barrage hydroélectrique. C’est durable parce que chaque but atteint fait partie de la construction : c’est avec les milliers de buts atteints qu’on se construit, qu’on construit sa vie, sa confiance en soi et sa force intérieure.
C’est de cette façon que l’on se construit une vie qui fait du sens pour soi, un pas à la fois. Tout ce que j’ai construit au cours de ma vie, et que je continue de construire, me rend fière, parce que ça part de l’intérieur, ça part de moi. Ce n’est pas dicté de l’extérieur pour faire plaisir ou pour être valorisée par les autres. J’ai construit une famille, ma famille à moi. J’ai construit une relation de couple de plus de 30 ans, une relation avec ma fille, des amitiés. J’ai construit une carrière en intervention, et je continue de construire : une entreprise en pratique privée de coaching, et une autre avec mon conjoint et ma fille, pour le plaisir de construire avec eux.
Si je prends mes formations en intervention, souvent mes proches avaient l’air de ne rien comprendre : pourquoi j’étais sans cesse en formation ? À la fin de chaque étape, j’étais fière du travail accompli. Je ne me formais pas pour recevoir la reconnaissance des autres, je me formais parce que j’étais passionnée par l’humain, par comment on se développe, comment le cerveau fonctionne, et par le fait d’aider les gens. J’ai aidé des enfants en éducation spécialisée, des ados, des jeunes adultes, des femmes, et maintenant des hommes. Ces formations m’ont construit une vie qui fait du sens pour moi, parce que ce que j’ai construit venait d’une motivation intérieure profonde.
Je ne connais pas ton histoire, mais je suis convaincue qu’elle contient, elle aussi, des bouts de vie que tu as bâtis à force de choix et de courage.
C’est ça que j’ai envie de te transmettre ici, pas une recette de bonheur, mais l’idée qu’on peut se construire une vie solide, un but à la fois, peu importe d’où on part.
Qu’as-tu construit au cours de ta vie, et qu’aimerais-tu construire à partir de maintenant ? Une habileté à mieux communiquer, une meilleure relation avec tes enfants ou tes proches, une force intérieure pour faire face à l’adversité, un projet qui te tient à cœur, une nouvelle carrière, un talent inexploité. Les possibilités sont presque infinies. Mais comme tes ressources, ton énergie, ton temps, ton argent, ne le sont pas, il faut choisir où les mettre pour ne pas te retrouver avec des regrets plus tard. Et il se peut que tes priorités aient changé, parce qu’on change au fil du temps : une priorité à 20 ans n’est pas forcément la même à 47 ans.
Et toi, qu’as-tu le goût de construire?

